vendredi, novembre 25

SMSI 1. Gouvernance d'un mandataire

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-Sommet de la désinformation-

Le SMSI ou sommet mondial sur la société de l'information a vu le jour suite à la résolution 56/183 de l'ONU.
Les 2 points essentiels du SMSI à Tunis sont d'un côté de proposer une réponse au financement des TIC dans les pays en développement, d'un autre d'organiser la gouvernance de l'Internet.
Des groupes de travail furent constitués pendant la phase de Genève 2003 par les différents comités préparatoires (PrepCom) afin d'apporter des éléments de réponse :

- le GTGI (groupe de travail sur la gouvernance de l'Internet) / Rapport final du 1/08/2005
- le GTMA (groupe de travail sur les mécanismes de financements) / Rapport final du 15/11/2005
- le GAP (groupe d'amis du président, chargés de la négociation, mise en oeuvre et suivi) / Rapport final du 08/09/2005
(Pour de plus amples informations concernant le SMSI et ses phases, se référer au site de l'International Telecommunication Union)

Mon intérêt a naturellement porté sur le premier rapport, celui du du GTGI. Pour la petite histoire (ici), Internet est issu d'ARPANET, réseau de télécommunication dont le premier but fut de faciliter la communication entres chercheurs.
Aujourd'hui, son contrôle et sa gestion sont organisés par l'ICANN, l'IETF et l'ISOC. Bien que l'autorité morale de l'Internet Society (ISOC) soit bien plus influente que celle des deux autres organismes, le fonctionnement d'Internet (TCP/IP) et son architecture accorde à l'ICANN (Internet Corporation for Assignated Names&Numbers) poids et incidence; la position de l'ISOC vis-à-vis de cela est d'ailleurs bien claire.
L'ICANN gère douze ordinateurs serveurs et un "racine" (modèle à une racine) sur lequel repose l'architecture de l'Internet, assure le fonctionnement des tâches liées aux technologies IP, DNS... par des politiques d'action et de gestion. La rumeur dira que le modèle à une racine n'assure pas la stabilité et la sécurité du réseau. Je vous conseille alors cette petite lecture.
Le fait que l'ICANN soit sous la tutelle du gouvernement américain, à la suite de l'évolution du réseau, ne fait qu'alimenter la propagande d'une gestion non-égalitaire. Le problème se verrai à peine déplacé (pas pour la sécurité mais pour le contrôle politique des données) si la gestion s'effectuait par l'intermédiaire d'un autre gouvernement ou organe de contrôle unique. Cependant, Le rapport du GTGI (dont je vous conseille au moins le survol !) propose comme premier modèle, une alternative nommée Conseil Mondial de l'Internet.

-Quelques petites citations-

I) 6.
Dans l’exercice de ses fonctions, le GTGI s’est appuyé essentiellement sur les principes de base du SMSI. Il a notamment accordé une très grande importance au principe qui consiste à garantir le fonctionnement stable et sécurisé de l’Internet. Dès le départ, le Groupe de travail a donc décidé qu’il évaluerait pleinement toutes les recommandations visant à améliorer les dispositifs actuels en matière de gouvernance à la lumière de ces principes
I) 9.
Le GTGI a d’abord décidé que la définition pratique de la gouvernance de l’Internet devait répondre aux cinq critères suivants : elle devait être adéquate, généralisable, descriptive, concise et axée sur les processus.
II) 12.
Il faut bien comprendre toutefois que la gouvernance de l’Internet recouvre davantage que la gestion des noms et adresses utilisés dans le réseau mondial et les questions dont s’occupe l’Internet Corporation for Assigned Names et qu’elle englobe aussi des questions de politique générale importantes, comme les ressources Internet critiques, la sécurité et la sûreté du réseau mondial et ce qui touche à son développement et à l’utilisation qui en est faite.
III) 15. Administration des fichiers et du système de la zone racine.
Le contrôle est exercé de façon unilatérale par le Gouvernement des États-Unis d’Amérique.
• Pour des raisons qui ont trait à l’histoire de l’Internet, le système actuel est tel qu’un gouvernement seulement est en mesure d’autoriser une modification des fichiers de la zone racine.
Les relations avec les responsables des serveurs racines ne présentent pas un caractère officiel.
• Les responsables de la zone racine s’acquittent aujourd’hui de leurs fonctions en l’absence de toute relation officielle avec quelque autorité que ce soit.


La dialectique serait-elle évocatrice...
Bref, le poisson se noit tout seul ou comme dirai un certain politicien français : "Regardez bien au fond du flacon d'où est sortie la bulle Internet : vous verrez qu'il y reste encore beaucoup de savon ! "

N.P.