vendredi, septembre 19

Google vs Firefox : Le mot du Président

Q: La vraie question est de savoir pourquoi Google, qui finance Mozilla ne participe pas à Firefox ?

Tristan Nitot, président de Mozilla Europe : Je crois que c'est une question qu'il faut poser à Google. Google participe financièrement, mais de façon marginale, au niveau technique. L'intérêt de Chrome pour Google, c'est d'avoir le contrôle du logiciel, chose qui n'était pas possible pour Firefox, car Mozilla revendique farouchement son indépendance pour rester au service des citoyens du Net.

Q: Google Chrome reprend-il ou est-il dérivé, au moins en partie, du code source de Firefox ?

Tristan Nitot : Oui, il y a au moins trois bibliothèques issues de Mozilla que l'on retrouve dans Chrome. Il y a aussi des morceaux de Webkit (qui est déjà utilisé par Safari d'Apple). Il paraît même qu'il y aurait quelques petits bouts de code Microsoft dans Chrome, si j'en crois certaines rumeurs. C'est toute la beauté du logiciel libre : reprendre et assembler des modules en vue de construire le produit qui correspond exactement à ce qu'on cherche.

Q : Firefox pourra-t-il utiliser les avancées logicielles annoncées par Chrome ? (Notamment la programmation multitâche à ce que j'ai cru comprendre.)

Tristan Nitot : Pas directement, car nos produits sont architecturés différemment. Mais nous restons attentifs à tout ce qui se fait sur le marché de façon à en faire profiter nos utilisateurs.

Q : S'il y a une concurrence n'est-ce pas plutôt entre les deux moteurs de rendu les plus avancés au niveau du respect des standards : Gecko et Webkit ? Et n'est-ce pas plutôt une saine émulation entre deux projet libres ?

Tristan Nitot : Oui, tout à fait, et vous mettez le doigt sur deux choses très importantes : tout d'abord, une chose me paraît essentielle, ce sont deux moteurs libres qui mènent la danse de l'innovation. C'est la preuve de la pertinence du modèle de développement libre. Ensuite, je constate que les deux moteurs sont très respectueux des standards du Web. C'est une excellente nouvelle pour les développeurs Web, mais aussi pour l'avenir du medium en tant que tel. On est dans une situation de concurrence, et donc d'émulation, ce qui est bon pour les utilisateurs, mais aussi dans le respect des standards, ce qui est bon pour le Web. Au final, tout cela est très positf.

Q : La fondation Mozilla arrive à vivre grâce au trafic généré lorsque les utilisateurs de Firefox utilisent la page de recherche de Google par défaut après une installation. Que se passera-t-il après l'expiration de ce partenariat entre Google et la Fondation Mozilla ?

Tristan Nitot : Ce contrat vient d'être renouvelé pour une période de trois ans, alors qu'auparavant, il ne couvrait que des périodes de deux ans. C'est la preuve que Google tient à ce que Mozilla soit en bonne santé. Par ailleurs, nous avons un fonds de réserve qui nous permet de tenir pendant une longue période sans partenaire. Nous sommes très sereins quant à la pérennité de Mozilla : peu d'organisations peuvent se vanter d'avoir plusieurs années de revenus assurés.

Q : Rapidité, interface épurée, intégration des application Web2.0, Chrome laisse plus de place au contenu. Pensez-vous que c'est la bonne direction ? Est-ce que les futurs Firefox iront également dans cette direction ?

Tristan Nitot : Chez Mozilla nous avons toujours cherché à ce que le navigateur se fasse oublier, qu'il se mette au service de l'utilisateur, qui cherche plus un contenu qu'un navigateur. En cela, Chrome est proche de Firefox.

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N.P.


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